Un fardeau si léger ?

Publié le par Votre Prieur

Mes frères, mes amis,

Depuis l’été, la vie de notre modeste communauté semble s’être comme suspendue, entre deux moments de prière partagés, ou deux échanges avortés. Depuis l’été dis-je, puisqu’il m’a été donné de rencontrer quelques personnes attirées par quelque raison sur le blog de notre monastère, juste avant que le soleil ne nous fasse profiter de ses rayons.

Par le témoignage de ces personnes, arrivées là par hasard ou grâce à l’intermédiaire de l’Esprit-Saint, la douleur du monde nous a rejoint ; nous qui, modestes sur le chemin du Christ, cherchons à témoigner de cet amour qui nous consume, mais aussi de cette compassion qui fait de nous des frères, pour d’autres frères.

Et il n’est pas évident de réaliser combien Dieu nous demande en retour ; nous qui croyons pouvoir user de son nom pour nous offrir le confort d’une paix garantie par Lui. Je parle ici de confiance, d’abandon, des thèmes qui m’ont toujours été chers, mais qui aujourd’hui, prennent un sens nouveau.

Tous les frères de ce monastère auront sans doute compris de quoi je souhaitais parler ; chacun, un jour ou l’autre, nous avons connu l’injustice, la souffrance ou la calomnie. Cet été, il en est parmi nous qui ont souffert, tant sur la scène de leur cheminement spirituel que du côté de leurs corps, connaissant brumes de la vision ou encore pertes de mémoire.

Il n’est pas question ici d’âge, même s’il est certain que celui-ci doit sûrement se rire de nous quelques fois … Comment comprendre dès lors cet abandon auquel nous convie le Christ ? Cet abandon de nos égoïsmes, de nos torpeurs, de nos actes de violence ? Peut-être comme ce fardeau qu’il évoque en Matthieu 11,30. Un fardeau léger comme le poids de nos fautes.

Une hérésie ? Peut-être.

Si Dieu nous enlève le poids de nos fautes, et nous rachète par ce Christ de Tout-Amour prêt à donner sa vie et son exemple pour nous, c’est afin de nous libérer les épaules. Des épaules prêtes à recevoir une maigre contrepartie… Celle qui consiste à assumer désormais le poids de nos agirs. Ainsi l’homme par le Christ repart-il dans sa vie comme un mouton tondu, léger, vierge. A lui de choisir ce qu’il décidera de porter.

Comprendre l’abandon auquel nous convie le Christ, c’est comprendre qu’il nous enlève ce fardeau, pour nous rendre disponibles à nos responsabilités. Pour nous rendre à nouveau libres de nous rendre utiles au monde, de le servir, de servir ses acteurs, ou de le rejeter en croyant le dominer.

A vous et vos proches qui traversez la maladie, du corps ou de l’âme, je dédie cette brève méditation. Que tout fardeau soit pour vous l’occasion de connaître une nouvelle liberté, au-delà ou à travers cette maladie. Un souhait fort conscient du caractère impossible de sa demande, qui espérera néanmoins pouvoir compter sur vos prières pour qu’il puisse se réaliser.

 Que le Dieu d’Abraham vous garde et vous protège,

Que vos yeux voient et que votre cœur fasse le bien en toutes occasions,

Frère Benoît.

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