
Le monastère des frères du Libre-Esprit est-il vraiment un monastère ? Assurément. Basé sur le modèle de la Chartreuse , ou plus globalement sur le modèle des toutes premières communautés chrétiennes établies au désert, le Monastère ici présent se veut espace de vie, de prière et de communion, fédérateur de chrétiens à l’apostolat mal défini, à l’étiquette volontairement non-identifiable et d’ermites vivant en société. Projet utopique s’il en est, entre monachisme des origines adapté aux technologies modernes et érémitisme vécu au cœur de la vie en société, le Monastère trouve également ses sources dans deux autres visages du monachisme contemporain. A commencer par le Monastère invisible, initiative interdiocésaine notamment belge, rassemblant en un cercle de prière et d’amitiés des personnes engagées volontairement dans une vocation priante commune. Du côté du web, un monastère virtuellement virtuel a également vu le jour il y a trois ans. Une initiative intéressante, mais vouée à l’échec, tant les règles, les passe-droits et les dogmes y étaient coriaces. Un monastère aujourd’hui disparu.
Comme les moines de la Prayer Foundation , premier ordre monastique protestant évangélique, notre postulat, à la source de notre établissement, est que pour sa propre auto-réalisation, et pour que la volonté de Dieu soit accomplie, tout chrétien se doit d’être moine. Tout chrétien se doit, à des degrés divers bien sûr, de chercher à entretenir ce si particulier seul-à-seul avec Dieu. Si le christianisme ne se conçoit qu’en communauté, chacun et chacune tendra à creuser son intimité avec Dieu, par des temps d’oraison et de méditation toujours plus profonds. Cette ‘part du moine’ en nous est celle qui appelle à la solitude, à l’éloignement, dédaigne les obligations du monde pour ne vouloir se consacrer qu’à Dieu. Et si cette vocation ne trouve pas de réponse pleine et entière chez la plupart d’entre nous, nous ne nous en blâmons pas. Mais nous souhaitons que vous saisissiez ô combien notre engagement envers Dieu est réel. Certains méditeront des jours durant, dans une poustinia perdue au milieu des forêts. D’autres se contenteront de donner une autre dimension à leur vie quotidienne, à leur travail, à leur vie familiale, en étant à toute heure acceptant et en retrait, à l’écoute attentive et au cœur toujours priant. Dans le but de partager ensemble cette joie qui nous anime, de célébrer par-delà les frontières Christ ressuscité, vivant, souriant.
Votre prieur