11 - En mémoire du 26/10/2005
Frères et sœurs, Malheureux l’ouvrier qui ne mène à bien sa tâche ! Force est de constater que dimanche dernier, j’ai failli à tous mes devoirs, ne vous ayant gratifié de mes précieux enseignements. Dimanche dernier, on célébrait la mission universelle, thème cher à mon cœur et condition de l’Eglise aujourd’hui. A la télévision, un autel bien fourni, entouré de concélébrants issus d’origine étrangère. On sa serait cru en plein documentaire post-ségrégationniste : le bon blanc célèbre aux côtés des fidèles acolytes de couleur. Dommage, je n’étais pas bien réveillé ; raison pour laquelle je me suis laissé tenter, laissant pour quelques minutes mon poste de télévision allumé. Ah, ça dansait, ça chantait, ça mangeait. C’était bien beau tout cela, sauf qu’à côté des festivités du style ‘Couleur Café’, des pays crèvent d’avoir trop bouffé. Vous avez bien lu : de par le monde, les exemples abondent : crise de l’obésité aux States, ulcères premier mal d’Europe, et j’en passe des meilleures. A l’époque où, pas encore né, je connus la mission, elle était fière et libre, et rapportait quelque chose. Elle apportait civilisation, bonheur et prospérité à des peuples opprimés par un avatar de Mobutu. Aujourd’hui, la mission reçoit des coups de pied au cul, et c’est tant mieux. De quel mal souffrons-nous, pauvres petits Européens, pour vouloir secourir ceux et celles qui se sont déjà secourus ? Aujourd’hui, nous ne sommes plus missionnaires. Les évangéliques sont venus à notre place relever les Eglises vieillissantes d’Asie et d’Afrique, alors que nous dormions tranquillement sous les lauriers de notre ego. Quel résultat aujourd’hui ? Les nouveaux convertis dans les nouvelles Eglises dotées de nouveaux dogmes sont blindés, zélés, prêts à tout pour défendre leur Dieu. On en rirait presque, alors que c’est précisément ce que nous demande l’Evangile. En témoigne Je l’ai déjà dit, je le redis encore : « Amen, Amen, que soit blâmé le prêtre qui il y a plusieurs mois, a dit en Wallonie que le Tsunami était une punition de Dieu ». D’accord il était polonais, mais ce n’est pas une excuse... L’Eglise missionnaire, mes amis, n’est plus de chez nous. Notre Eglise devrait aujourd’hui prier, pour qu’on lui envoie quelque peu pasteur qui nous donnerait une nouvelle chance. Prier pour la mission, c’est bien. Soutenir son action, c’est pas mal non plus. Mais se réfugier derrière elle pour légitimer des vacances au soleil, c’est trop. Quelle raison d’être, pour ces congrégations qui ne rayonnent plus que par leur absence sur le terrain ? Quelle importance pour ces contemplatifs installés et parvenus ? Frères et sœurs, si l’Evangile nous interdit l’égoïste, la politique ecclésiale nécessite parfois un tout petit peu de bon sens. Une raison qui pourrait s’appeler le protectionnisme, tant l’heure est à la sonnerie d’alarme. Pourquoi en effet, la mission rime-t-elle toujours avec les anciennes publicités Banania ? Qu’a donc fait la mission, à long terme, pour redéfinir ses priorités ? Où se trouve l’homme ou la femme qui a tenté de nous faire savoir ce qu’était, et sera, la mission dans son absolu ? Mes amis, je prie pas vraiment chaque jour pour que la mission enfin nous atteigne. L’Eglise en Belgique en a bien besoin, et ses membres davantage. Nous sommes redevenus les peuples à évangéliser ; preuve de notre échec – un de plus – dans notre réponse aux demandes du Christ. Pourquoi alors se réjouir ? Aux Thessaloniciens, Paul dit : « En effet, notre annonce de l'Évangile chez vous n'a pas été simple parole ». Nous l’avons bien vu : les peuples l’ont comprise, étudiée, et transmise. Mais chez nous, qu’avons-fait de
Votre Prieur