14 - En mémoire du 25/11/05
Frères et sœurs, Ce dimanche, nous entrons dans l’Avent, et ce, une semaine après le reportage de France 3 sur les fondamentalistes du Sud des States qualifiés d’évangélistes. Si le christianisme reste la religion du Verbe incarné, celle où le Seigneur parle et où Jésus a dit, le devoir nous impose la réserve du jonglage avec les mots. Evangélistes ou évangéliques ? Pour les puristes, les premiers renverront à la fonction, les seconds à la confession du même nom. Une remarque judicieuse, que celle qui me fut apportée un samedi matin, jour de réunion : « Même si je suis catho, je m’estimé aussi évangéliste alors, si mon souhait est de diffuser le message évangélique ». L’approximation souligne cette semaine les mauvaises définitions qui font de l’Eglise la moins populaire celle qui parle d’elle et de ses sœurs avec une vulgarité sans nom. Le puits dans lequel nous sommes tombés est pourtant clair : quand les cathos peignent des icônes, ils se sentent proches de la perfection orthodoxe et de son beau Dieu. Lorsque le catho ose aborder la Bible, il se signe devant ses confrères protestants, comme s’il allait aborder là un domaine qui ne fût réservé qu’à une seule branche de l’arbre de la foi chrétienne. Et j’en passe. Pourtant, n’arrive-t-il pas que des cathos se lèvent, et protestent ? N’a-t-on jamais vu d’évangéliques se montrer plus catholiques que le pape, ou des protestants louer la dimension ritualiste des orthodoxes ? Chers amis, les confessions n’appartiennent pas aux confessions. Elles appartiennent à nos domaines de définition, et ne feront que nous enfermer un peu plus au sein de nos différences dogmatiques et cultuelles. Si vous êtes chrétien aujourd’hui, on vous regardera de travers, cherchant à savoir si vous êtes baptisé, ou non, si vous connaissez la déclaration de La Rochelle ou les canons de Dordrecht. Au final, qu’en retiendrons-nous ? peut-être la nécessité aujourd’hui d’afficher la couleur qui puisse comprendre toutes les nuances tiariques et immobilières… Les Eglises, tôt ou tard, risquent bien d’être surprises à l’écoute de ces et celles qui sont aujourd’hui prêts à faire table rase du passé pour songer à une Eglise catholique – au sens étymologique du terme – fédératrice et fédérale. Une utopie ? Un crachat à la face des schismes post-conciliaires ? L’avenir nous le dira.
Tout autre chose, et sans transition, le fameux décret de notre Benoît national, qui vient d’acter officiellement la répression des déviants. Entendez par là la légitimité assise par la Cité du Vatican de faire passer le délit de sale gueule homo dans les normes d’une Eglise désormais plus propre. Passons. A voir les rencontres d’Assise, justement, on aurait pu croire à ses promesses, tendant vers un dialogue interreligieux progressiste, hors des complaisances d’un échange poli. Ceci fut effectivement permis, par l’autonomie des communautés locales organisatrices du projet. Sauf qu’à présent, les évêques du lieu ont été priés de rentrer dans le rang, et de se soumettre à l’autorité, surtout à propos de ces rencontres un rien spirituellement libertines. La révolution conservatrice est en marche, chers amis. Ce n’est ni la première, ni la dernière fois que je le dirai. Guy Gilbert a remis son col romain pour l’occasion, et les lefèbristes seront bientôt nos amis de toujours. Vive Benoît ! Souvenez-vous : d’après La Croix, il était le pape des promesses, dans la droite ligne de Jean-Paul, qui continuerait son œuvre, à qui il fallait laisser du temps, qui avait déjà conquis les jeunes, waw ! deux mots, seulement, si l’on me pardonne le côté quelque peu trivial de l’interjection : mon cul.
Frères et sœurs, ce dimanche, nous entrons dans ce temps si particulier qui jouera encore un mois ou presque avec nos nerfs. Non, non, pas encore de sapin, pas encore de crèches ni de cadeaux, il nous faut patienter. Et ça nous fait une belle jambe. Que faire alors pendant ces longues semaines ? C’est ce que nous verrons la semaine prochaine …
En communion,
Bene e pace,
Votre prieur