1 - Ô Trinité - en mémoire de 2004
Ce dimanche, nous fêtons
A l'heure où j'écris ces lignes, ma collègue croit lire dans ce Ô le symbole d'une masculinité stylisée. Une beau lapsus visuel, pour exprimer l'équilibre bisexuel de toute chose. Ainsi ce titre, que la féminité de la trinité vient contrebalancer avec la masculinité du Ô. Le yin et le yang n'ont pas été inventés, ils n'ont été que découverts. Poussons le bouchon plus loin : que représente la féminité ? Un même rond, parfait et infini, un ventre prêt-à-porter, un oeil qui regarde et pleure, affublé d'une croix qui prudemment vient occulter la condition d'existence de l'humanité. Une croix, femelle, qui nous rappelle que les clercs sont les fils et serviteurs d'une femme et d'une mère, l'Eglise, dont ils portent la crosse recroquevillée : croix pliée sous le joug de l'autorité féminine, croix symbole de la castration volontaire de ses fils ...
Ô sainte trinité, que n'avais-tu placé la femme dans ton équation ? Aveugles que nous sommes, elle était là, LA trinité, Sainte et Mère. Le concept n'est pas la chose, et comme dirait un de mes collègues, tant va la chèvre au chou qu'à la fin elle se casse. Une aberration parmi tant d'autres qui n'aura de cesse de nous plonger sans fin dans des discours que seule la raison tente de maintenir dans le vrai. La sainte Trinité, sainte parfaite et universelle, en est le bienheureux exemple...
Sincèrement,
Votre Prieur