3 - En mémoire du 10/06/2005

Publié le par Votre Prieur

Chers frères, chères sœurs,

Ce dimanche nous fêterons le Saint-Siège. Histoire de rendre à César ce qui est à César, et de saluer au passage l’inventeur des toilettes. La fête du Saint-Siège, une blague ? Peut-être pas ; au rythme où tout fout le camp, on pourrait s’attendre à voir apparaître un calendrier où seraient présents la fête de la Pontificale Mitre , la Semaine des Saintes Automobiles ou le Jour de la Marmotte. Que d’artifices, mes amis, que d’inventions qui nous écartent de l’essentiel ! En début de semaine, j’ai dîné avec Ratzinger. Pas de quoi me mettre en appétit, vous en conviendrez, même si notre rendez-vous fut avant tout littéraire : la choucroute, très peu pour moi.

Ainsi m’a-t-il envoyé un sms de son invention, mais qui ne sentait pas vraiment la nouveauté : « La liberté de l’acte de foi ne peut justifier le droit à la divergence d’opinion. Cette liberté n’implique pas la liberté vis-à-vis de la vérité, mais signifie la libre détermination de la personne, conformément à son obligation morale d’accepter la vérité. Merci Joseph, on avait rarement vu mieux. En gros, et Dieu merci, le nouveau pape nous dit que nous sommes libres ou non d’accepter l’enseignement de l’Eglise : encore heureux ! Mais attention, cette décision ne pourra en aucun cas venir  remettre en question, contredire ou simplement discuter l’enseignement en question. Si tu prends, tu te tais. Bravo, on se croirait en plein viol.

 

 

 

 

 

Quel est donc cette instance, cette institution qui a scellé par je-ne-sais-quel sceau loi des hommes et Loi de Dieu ? Ne doit-on toujours payer deux tributs ? Pour ce Benoît que nous ne nommerons pas (trop tard), religion est synonyme de relègue, au banc des obligations fixes et sans concessions d’une féodalité ecclésiastique qui se complait dans ses édits.

 

 

 

Merci Joseph, on avait vraiment besoin de cela.

 

 

 

 

 

 

Je me plais dès lors à regretter le bon vieux temps, celui où il suffisait de mettre un cierge à la chapelle de Notre-Dame des Bonbons pour être pardonné d’avoir mis le feu à la boîte aux lettres du sacristain. Ce bon vieux temps où les portraits sulpiciens du Christ au-dessus de la cheminée nous rappelait que la religion, même si c’est laid, c’est important. Le bon vieux temps enfin, où on distribuait de l’eau prétendument bénite contre une petite pièce de circonstance, en battant les crécelles : finalement cher payé pour de l’eau de rivière.

 

 

 

Aujourd’hui, nous sommes entrés dans le temps des titres. Les agriculteurs redeviennent des paysans, les gradués sont encore en-dessous de tout et seul les universitaires verront le soleil rayonnant de la connaissance offerte par une franc-maçonnerie d’un genre nouveaux : les hommes de titres. Ah, Guy Gilbert, si tu pouvais vivre cent ans ! Peut-être arriverais-tu à mettre un bon coup de pied au derrière de tous ces cols chics qui jouent les paons, gardiens du temple de la dictature. Modérée, cela va sans dire !

 

 

 

En ce dimanche, l’heureux acquéreur de la Golf de Ratzinger se pavane en rue, pour vendre des gaufres estampillées de l’empreinte nasale du Christ ou des reliques de la boîte de Fanta qu’il aurait bue eu Golgotha. Les vicaires du roi de France faisaient de même sur les champs de bataille : « du moment que le peuple y croit … ». Où tout cela nous mène-t-il ?

 

 

 

 

 

 

Frères et sœurs, Fabien Deleclos était trop jeune pour entrer à l’armée, ce pourquoi il est entré chez les Franciscains afin de servir Dieu (authentique). Et nous, qui suivrons-nous ?

 

 

 

Une ‘archie’ quelconque, qui rira quelques années plus tard de ses propres caprices, ou le Christ, unique Eglise ayant jamais existé ? Suivrons-nous un ensemble de dogmes équivalents aux textes du Moniteur que personne ne connaît, ou les préceptes enseignés par Dieu lui-même ?

 

 

 

 

 

 

Comme dirait mon hamster récemment décédé : « On ne peut servir à la fois Anna et le Roi ». Une petite pensée émue en guise de conclusion, qui nous entraînera j’en suis sûr, jusqu’au calendrier, histoire de voir ce que l’on fête véritablement ce dimanche, juste pour voir, parce que c’est un rythme, une sécurité, un repère, une habitude.

 

 

 

Et on aime bien ça, les habitudes ; hein, mon Raymond ?

 

 

 

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